mercredi 27 mai 2009

Entre les palmiers (2)

Le palmier à huile Elaeis guineensis a pour principal intérêt, d'un point de vue humain, de produire de l'huile, en grande quantité.

C'est cette huile qui graisse les pattes des fonctionnaires comme les chaînes de tronçonneuses, et qui attise le feu des militants écolos. Elle fait tourner les moulins nuit et jour, et nourrit bien des villages. Elle rapporte gros, et détruit autant.

Permettez-moi, mesdames et messieurs, de vous présenter l'objet du désir :

Un régime comme ça pèse 20 kilos. Dont on peut extraire près de 12 litres d'huile, je crois. Le truc blanc, au milieu du jaune, c'est le "palmiste", lui même oléagineux, très prisé de l'industrie cosmétique.

A Libo, la surface cultivée est de 25 000 Ha, d'un seul tenant. En gros, ça fait 10 km sur 8, pris sur la forêt. Il paraît que c'est une nécessité économique. De fait, on trouve des télés, ici. Avant il n'y en avait pas. Nous vivons une époque formidable, où le progrès fait rage.

Bref. Moi, je suis un biodiversitologue, alors je regarde ce qui reste. et comme les fleurs n'intéressent pas grand monde, je vous donne du spectaculaire en pâture :

1. Des scorpions. celui-ci, je l'ai capturé dans les bureaux. Il voulait manger les câbles électriques du bureau d'Irina, alors je lui ai mis une serviette sur la tête. Après trois jours dans un bocal, il était assez déprimé, alors je l'ai relâché avant qu'il meure. Mais je crois qu'en définitive, il est resté neurasthénique.


2. Des pythons. Lorsqu'ils se laissent mollir et rampent au bord des routes, Monsieur Hamidi les attrape. Ce dernier, bon musulman, s'abstient d'y mordre, mais certains chinois ne font pas preuve de cette retenue. La diversité des cultures et la liberté de conscience favorisent le commerce. A bon entendeur....


(Je n'ai pas de photos des autres animaux. Avec un peu de chance, j'en récupèrerai pour illustrer la suite)

3. Des cobras ! J'en ai déjà parlé, mais vraiment, il sont beaux. Et tellement peu agressifs qu'on peut les embêter longtemps avant qu'ils essayent d'attaquer. Mais ça en vaut la peine : dressés de toute leur hauteur, le capuchon déployé, sifflant et crachotant un venin mortel, ils savent se faire comprendre de l'enquiquineur qui passe. Le trépas est à un pas.

4. Des araignées, de formes, couleurs et surtout tailles variées. La plus grosse que j'ai croisée n'aurait pas tenu dans la paume de ma main. Je reste impressionné par la solidité de leurs toiles. Un papillon qui passait dans le coin m'a montré l'efficacité de leur venin. ces araignées-là ne se balaient pas de la main.

5. Des oiseaux. Les plus beaux sont les martins-pêcheurs, d'un bleu pur et brillant, avec sur les ailes quelques taches blanches qui dessinent de jolis arcs lorsqu'ils volent. Les plus gros sont des coucals, sortes de corbeaux-faisans hululant. Les chouettes effraies portent fort bien leur nom. Nombreuses, elles poussent à la nuit des cris perçants dont l'écho fantomatique alimente les peurs irrationnelles des employés de la plantation. Ils dorment toutes lumières allumées.

Il y a aussi plein de petits mignons bruns à tête blanche, de courts échassiers, et une sorte de ténor en costume noir et blanc, le magpie qui chante en trilles voluptueuses.

6. Des félins. pas de tigre dans le coin (mais il y en a un pas loin, qui a récemment mangé six ouvriers), mais de sortes de martres. La martre est un gros chat-chien court sur pattes et arboricole à ses heures, avec de petites oreilles rondes et un longue queue touffue. Son cri de guerre est terrifiant, c'est un feulement rauque et soudain, glaçant. Brrr.

7. Des varans (petits dragons, ne crachant pas de feu). J'en ai trouvé un mort, gros.

8. D'autres trucs. Rats, grenouilles et crapauds, chauves-souris et souris velues, mantes religieuses, lucanes cerfs-volants et autres gros coléoptères... cafards.






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