Je pars compter la fleurette dans l'île de Sumatra, sur les ruines lucratives des forêts ancestrales.
Explication :
L'huile de palme inonde le marché des lipides. Elle est polyvalente, et peu chère. Avec on peut tout faire, du chips au rouge à lèvre, jusqu'au biodiesel dont le monde est de plus en plus friand.
Pour faire de l'huile de palme, il faut des palmiers. Ces palmiers étant ce qu'ils sont, ils ont besoin de soleil, de chaleur, de pluie, en quantités abondantes. Bref, ils ont besoin des tropiques.
Sous les tropiques, on trouve aussi de belles forêts, d'un intérêt économique assez limité, du moins à court terme. Sauf que le bois tropical fait de beaux meubles. Et que les terres à forêts font de bonnes terres à palmiers. Donc, pour ne pas rester sous-développés, nos cousins indonésiens, encouragés par nos politiciens, industriels et économistes, coupent les forêts, vendent le bois et font de l'huile de palme. Ce que l'on ne saurait leur reprocher dans la mesure où cela nous permet de manger des cakes bon marché.
La suite manque cruellement d'originalité : les espèces endémiques spécialistes de la forêt disparaissent, qu'il s'agisse des orang-outans, des rhinocéros nains, des fleurs rares et non encore décrites, ou des peuples primitifs vivant dans les bois.
Devant les millions d'hectares de forêts ainsi détruites, les ONG et autres écolos ont réussi à donner l'idée aux industriels de l'huile de palme et autres acteurs de la filière de faire un label vert qui rassurerait un peu les consommateurs quant à leur empreinte écologique. Ce pas fougueux vers le développement duarable s'est vu formalisé sous le nom de Roundtable on Sustainable Palm Oil. La durabilité de l'huile de palme produite par les membres de la RSPO est attestée par le respect de principes (conscience environnementales, gestion humaine des employés, etc.) et de critères (ne pas déforester pour faire de nouvelles plantations, éviter les pollutions, etc.).
Pour évaluer l'efficacité des mesures prises, le Cirad construit des indicateurs agri-environnementaux, qui mesurent la performance écologique des pratiques culturales en usage. Cela a été fait pour la fertilisation en azote, pour l'usage de phytosanitaires, mais reste à faire pour ce qui est de la mesure des impacts sur la biodiversité. D'où mon travail, qui consistera à recenser et caractériser la flore présente dans les plantations, et à tenter de comprendre quels sont les mécanismes qui expliquent sa composition.
Bien sûr, celà n'empêchera pas les orang-outans de disparaître, et ça donne un peu l'impression de soigner la peste avec du mucomyst (sorte de fluidifiant pour humeurs nasales, à l'usage des enrhumés).
Mais bon, c'est bien quand même, non ?
Un commentaire anonyme mais bienveillant, d'un oncle assez familier des blogs, et qui te remercie du tien, mais te met en garde contre l'indexation.Il faut toujours penser qu'une version future de ton moi d'aujourd'hui lira ces pages puisqu'en principe, sauf météorite de 23 miles de diamètre, auquel cas plus rien n'a vraiment d'importance, elles sont éternellement prisonnières de la lessiveuse du Web, et te reviendront d'âge en âge, de nouvelle version de google en nouvelle version de yahoo, pour te rappeler la moindre sottise proférée, la moindre faute d'accord, le moindre jeu de mot approximatif, enfin tout. Maintenant si tu regardes bien dans "Paramètres" il y a un moyen d'interrompre l'indexation . *Ugh.
RépondreSupprimerCher Patapon,
RépondreSupprimerRavie de voir que tes pérégrinations en terres lointaines ne t'ont pas enlevé ton sens de l'humour sérieux. Quel plaisir de lire tes délires "psychotropiques" et autres digressions écologiques.
Je te souhaite une bonne et heureuse mission florale, en espérant que tu ne prennes pas le mauvais pli de ton faux jumeau vietnamien.
Milles baisers compréhensifs et philantropiques.
Signé:
Petite Patapi, mangeuse de tarama,et écrivaine désespérée de la guerre russo-japonaise.